
Blocage des financements de la formation professionnelle : quelles conséquences concrètes pour les assistantes maternelles, les parents et les relais petite enfance ?
Un gel des financements décidé en toute fin d’année 2025
Le 31 décembre 2025, l’Association Paritaire Nationale Interbranches (APNI) a notifié aux organismes de formation l’arrêt temporaire du financement des actions de formation professionnelle, applicable dès le 1er janvier 2026 pour la branche des particuliers employeurs.
Cette décision, prise sans délai d’anticipation, concerne l’ensemble des formations destinées aux assistantes maternelles et gardes d’enfants à domicile, quel que soit l’organisme de formation.
Les acteurs du secteur dénoncent une situation de blocage qui remet en cause l’accès effectif à la formation professionnelle, pourtant reconnu comme un droit fondamental.
Un droit à la formation inscrit dans la loi
Le Code du travail prévoit clairement que tout salarié bénéficie d’un droit à la qualification professionnelle (article L.6312-1).
Dans le secteur de l’accueil individuel, la formation continue constitue également une obligation réglementaire. L’article R.421-39 du Code de l’action sociale et des familles impose aux assistantes maternelles de suivre régulièrement des actions de formation pour maintenir leur agrément.
Le gel des financements rend aujourd’hui cette obligation difficilement applicable, sans que les professionnelles n’en soient responsables.
Ce que cela change concrètement sur le terrain
Des sessions de formation temporairement reportées
Face à la suspension des financements en ce début d’année 2026, les organismes de formation ont dû adapter leur organisation.
Concrètement :
- ❌ Toutes les sessions prévues jusqu’au 30 janvier 2026 inclus ont été reportées, en présentiel comme en formation à distance (FOAD)
- 🔄 Ces formations ne sont pas annulées : elles seront reprogrammées entre février et décembre 2026
- ✅ Les sessions démarrant à partir du samedi 31 janvier 2026 sont maintenues à ce stade, sous réserve d’évolution de la situation nationale
Ces décisions s’imposent aux organismes de formation, sans possibilité d’action immédiate de leur part.
Pour les assistantes maternelles
Les conséquences sont multiples :
- Des parcours de formation interrompus ou décalés, parfois après plusieurs mois d’attente
- Des difficultés à anticiper le respect des obligations réglementaires liées à l’agrément
- Un sentiment d’instabilité et de découragement, dans un contexte où les métiers de la petite enfance sont déjà en forte tension
Malgré cela, les professionnelles restent mobilisées et dans l’attente de solutions pérennes.
Pour les parents employeurs
Les parents employeurs sont également impactés :
- Des formations reportées, alors même qu’elles contribuent à la qualité de l’accueil de leur enfant
- Une incompréhension face à la complexité du système de financement et à ses changements successifs
- Des interrogations légitimes sur l’utilisation des cotisations formation versées
À terme, cette instabilité fragilise la relation de confiance entre parents et professionnelles.
Pour les relais petite enfance (RPE)
Les équipes de RPE se retrouvent en première ligne :
- Des semaines de travail de coordination rendues caduques (constitution des groupes, planification, accompagnement au départ en formation)
- La nécessité de réexpliquer la situation aux professionnelles, parfois avec peu de visibilité
- Une charge supplémentaire pour maintenir le lien et rassurer les assistantes maternelles concernées
Pour les organismes de formation
Les organismes subissent eux aussi de plein fouet ce blocage :
- Des sessions préparées de longue date, avec des formateurs mobilisés et des frais engagés
- Une incertitude financière forte
- Des reprogrammations complexes, menées en lien étroit avec les RPE, dans un calendrier déjà contraint
Malgré ce contexte, les équipes restent mobilisées pour reprogrammer l’ensemble des formations dans les meilleures conditions possibles sur 2026.
Une situation dénoncée par les organisations professionnelles
Dans un communiqué commun du 9 janvier 2026, plusieurs organisations nationales (ACEPP, FNEJE, SNPPE, UFNAFAAM, Collectif SPE) dénoncent :
- une atteinte grave au droit à la formation,
- une défaillance systémique de la gouvernance de la branche,
- et demandent :
- le rétablissement immédiat des financements,
- la prise en charge des frais engagés par les organismes,
- l’intervention du ministère du Travail.
Former, ce n’est pas optionnel
La formation professionnelle continue est un levier essentiel de qualité, de sécurité et de reconnaissance des métiers de la petite enfance.
Elle bénéficie aux professionnelles, aux parents employeurs et, avant tout, aux enfants accueillis.
Les acteurs de terrain – RPE, organismes de formation, professionnelles – restent mobilisés dans l’attente d’une stabilisation rapide du cadre de financement, indispensable au bon fonctionnement du secteur.
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