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Catégorie : Thématique

Les VEO à la lumière des neurosciences – Conférence et Ateliers

Article rédigé le 13 Juin 2024 par Aurélie PICHOT – Responsable Pédagogique

« Non mais sérieux là ! Vous vous croyez où ??? Insupportables ! Sales gosses mal élevés…! Franchement, je ne sais pas ce qui me retient d’en prendre un pour taper sur l’autre ! »… Souvenirs, souvenirs !


Ah, la belle jeunesse ; le temps de l’insouciance ; celui de l’être irraisonnable à qui l’on demande de se contraindre aux règles qu’il n’a même pas eu le temps d’intégrer ! Les lui a-t-on transmises d’ailleurs ?…


Des mots, des coups, des gestes… pour éduquer ! On le sait, on le dit, on l’affirme. D’ailleurs on l’a vécu et on n’en est pas mort !

Parfois, je me demande : serait-ce une forme de vengeance des adultes sur les enfants ? L’acquis qui devient tant inné que la réflexion ne sait plus raisonner ? Le mimétisme de nos pairs ? Ou alors… est-ce encore plus profond ? Une amnésie à l’empathie ? Comme si la pédagogie noire décrite par Alice Miller dans son livre « C’est pour ton bien », avait tant imprégnée ces êtres devenus adultes ascendants, qu’un bouclier d’insensibilité à la souffrance s’était créé dans leur prime enfance les rendant désormais incapables de ressentir la douleur infligée. Parce qu’elle est là ! Elle ne peut être niée. Elle est visible : dans les yeux du tout-petit qui reste dubitatif ou qui pleure, dans l’attitude de la plus grande qui se met à crier ou à se rouler en boule, dans la réaction du bébé qui semble perdu, dans la relation de chacun aux autres, celle même où ensuite s’exprime la violence vécue. Dans leur rapport au monde !

Et plus encore, si l’on y regarde attentivement, si l’on prend ce temps de l’observation, nous pouvons constater que l’impact est aussi et surtout là : dans l’idée même que l’enfant se fait de sa valeur. Essentielle, cette estime qui se construit, qui s’élabore, qui, doucement tangue pour devenir certaine ou fragile… Essentielle.


Et si nous, adultes qui les côtoyons, ces enfants, et si nous, adultes qui les encadrons, ces enfants, nous repensions à celui que nous étions en tentant de nous mettre pour quelques heures seulement, à leur place ? Alors c’est certain, nous la retrouverions cette empathie si nécessaire pour travailler notre posture éducative et sans aucun doute nos échanges seront plus bienveillants

Sensibiliser les professionnels de la petite enfance à l’impact des Violences Educatives Ordinaires à la lumière des neurosciences, c’est la commande qui nous a été formulée par la Communauté d’Agglomération du Cœur d’Essonne.


Le 31 Mai 2024, Dominique Labussière, EJE et formatrice confirmée auprès de Planète Enfance a animé en duo avec la comédienne Lou Labussière, une conférence théâtralisée et interactive agrémentée de saynètes, de vidéos et d’apports théoriques précis. Quatre heures de transmissions et d’échanges, de questionnements et d’appropriation. L’après-midi a été consacré à des ateliers pour travailler les pistes et les axes d’amélioration des pratiques professionnelles.


Une journée riche, belle et pleine d’ambition !


Parce que l’avenir de notre monde dépend de la conscience de l’impact de nos pensées, de nos paroles et de nos actes, Planète Enfance est et restera auprès des professionnel(le)s de toutes les enfances, présent pour accompagner et soutenir !


Merci encore au Service Petite Enfance du Cœur d’Essonne pour leur confiance, à Brigitte Bouleau pour cette mise en lien et surtout, surtout, merci de la part des enfants d’aujourd’hui, de demain et aussi d’hier pour ce projet qui prouve qu’on les entend !


A très vite 🙂

Réforme de la VAE… ça y est !

Initiée en 2022, la réforme de la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) entre en 2024 dans sa phase opérationnelle. Simplification, modernisation et sécurisation du dispositif… tels sont les enjeux de cette réforme qui a pour vocation de multiplier sensiblement le nombre de personnes s’engageant dans la démarche. France VAE devient l’espace unique pour se renseigner, être accompagné et effectuer toutes ses démarches VAE pour près de 200 certifications.

Vous souhaitez vous lancer ? Créez dès à présent votre compte candidat grâce au tutoriel que France VAE met à votre disposition :

Deux nouvelles formations disponibles en FOAD ! 

A partir du 30 mars, retrouvez 2 nouveaux modules en FOAD :

Elles viennent s’ajouter aux 14 formations déjà disponibles en FOAD.

Que vous pouvez retrouver sur notre site avec le pictogramme


La FOAD : kézako ?

  • Vous vous formez de chez vous, à votre rythme et selon vos disponibilités
  • Vous bénéficiez du suivi d’un formateur expert qui répond à vos questions et suit votre progression sur le module
  • Le module est présenté de façon interactive, ludique et favorise l’apprentissage ainsi que le développement des compétences

Renseignements et inscriptions avec Valérie au 06 38 18 39 40 ou à contact.foad@planete-enfance.com

20-26 Novembre 2023 : Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées

Avez-vous entendu parler de la SEEPH, la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées ? Du 20 au 26 novembre 2023 se tiendra la 27eme édition de la SEEPH.  

Engagé toute l’année dans l’accompagnement, la formation et l’insertion en emploi de ses bénéficiaires en situation de handicap, le groupe Avenir Santé Formation se mobilise pour la SEEPH2023 et vous informe.

La SEEPH, est un évènement co-organisé au niveau national par LADAPT, l’AGEFIPH et le FIPHFP, avec le soutien des pouvoirs publics, elle a lieu chaque année la troisième semaine de novembre.

Rendez-vous incontournable pour les demandeurs d’emploi en situation de handicap, les recruteurs et les chefs d’entreprise, la SEEPH est l’occasion de s’interroger sur les dispositifs mis en place pour faciliter l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, mais aussi plus largement de sensibiliser et d’informer tous les publics.

Ainsi la SEEPH a pour vocation de :

  • proposer des actions concrètes sur le terrain ;
  • faire évoluer les pratiques des professionnels et agir sur l’environnement ;
  • associer les acteurs politiques ;
  • associer les acteurs économiques, privés comme publics ;
  • associer les pouvoir publics et les élus nationaux et européens ;
  • sensibiliser le grand public par une communication responsable.

Où que vous soyez sur le territoire vous trouverez forcément des évènements près de chez vous pour participer à la SEEPH2023. Cette année c’est autour d’une thématique dans l’air du temps que le débat s’articulera « la transition numérique : un accélérateur pour l’emploi des personnes en situation de handicap ? ».

Le numérique est de plus en plus présent dans la société et participe à sa transformation rapide. Dans le monde du travail, tous les secteurs d’activité sont concernés par cette évolution. Les tâches sont simplifiées, les communications développées et l’intelligence artificielle révolutionne les pratiques. La SEEPH2023 permettra d’explorer les nouvelles formes de compensation rendues possibles par le numérique : sous-titrage en temps réel, résumé de texte, reconnaissance d’image… 

Cependant, le numérique ne doit pas être vécu comme une fracture, la SEEPH a donc la volonté de mettre en lumière les enjeux liés à l’accessibilité numérique. L’objectif est de sensibiliser au développement des bonnes pratiques professionnelles et d’identifier tous les leviers à mobiliser afin de permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder aux nouveaux outils du numérique.

Pour participer à la SEEPH2023, vous pouvez consulter tous les évènements organisés sur le site dédié Programme des actions : liste des évènements | Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées | Du 20 au 26 novembre 2023 (semaine-emploi-handicap.com)

Pour découvrir plus d’information, suivez nous sur LinkedIn

Les nouvelles règles administratives

A compter du 1er janvier 2024, les conditions d’admission en formation seront davantage encadrées : aucune personne ne pourra être accepté en formation sans un dossier administratif conforme et complet transmis à Planète Enfance 15 jours avant le début de la formation.

Pour vous aider des tutos vidéo ont été créés expliquant comment remplir le bulletin d’inscription. Les liens sont accessibles sur les mails d’envoi des bulletins d’inscription.

Nous comptons sur vous pour transmettre vos documents dans les délais et selon les règles dIPERIA 😊

L’offre de formation 2024

Découvrez le catalogue des formations 2024 de l’Antenne Ile de France : Plus de 80 modules centrés sur l’enfant et sur votre activité professionnelle organisés sur l’ensemble de l’Ile de France !

Vous bénéficiez de nouveau d’une possibilité de prise en charge financière à hauteur de 58 heures de formation par année civile.  

En d’autres termes, les coûts de formation sont payés à Planète Enfance par Ipéria et, par ailleurs, vous percevez une rémunération par jour de formation (indemnité de salaire, frais de déplacements et frais de repas) et ce jusqu’à 58 heures par an.

Quelques nouveautés à signaler :

Modules informatiques pour affiner votre utilisation des outils informatiques et digitaux de façon progressive :

  • Accompagner les compétences numériques – niveau 1 (21h ou 3 journées de formation)
  • Accompagner les compétences numériques – niveau 2 (14h ou 2 journées de formation)
  • Accompagner les compétences numériques – niveau 3 (7h ou 1 journée de formation)
  • Utiliser le traitement de texte dans son activité professionnelle (14h ou 2 journées de formation)

Modules cœur de métier

  • Comprendre l’impact du numérique pour mieux accompagner l’enfant et sa famille (14h ou 2 journées de formation). Il a été enrichi et remplace l’ancien module « comprendre l’impact des écrans ».
  • Nutrition et consommation responsable (14h ou 2 journées de formation). Il vient compléter les modules autour de l’alimentation et se centre sur le mode de production, l’achat du produit, son mode de conservation et de cuisson ainsi qu’à ses apports nutritionnels.

Modules outils et postures professionnelles

  • Créer et entretenir de bonnes relations professionnelles : communiquer et s’organiser (14h ou 2 journées de formation).
  • Développer et pérenniser son activité professionnelle auprès de particuliers employeurs (21h ou 3 journées de formation).

Ces nouveaux modules regroupent les apports des anciens modules « les clés d’une bonne relation de travail avec le particulier employeur » et « les clés d’un entretien réussi avec un particulier employeur »

Découvrez notre catalogue

Découvrez notre nouvelle équipe Ile de France

De gauche à droite sur la photo : Mariam, Manon, Sandrine et Jeannette. Toutes les 4 incarnent les valeurs de Planète Enfance d’humanité, d’intégrité, de proximité, d’engagement et de bienveillance.

L’équipe de l’Antenne Ile de France est enfin au complet et fonctionnelle ! Nous nous excusons sincèrement pour les difficultés que cette instabilité a pu entraîner.

Depuis l’été 2023, 4 personnes sont dédiées à l’activité de vos territoires :

Manon PINSKY : Responsable d’activité

mpinsky@planete-enfance.com

L’histoire de Manon et de Planète Enfance commence en 2014 au moment où Ophélie Ammon lui confie la gestion de la crèche associative « La Planète Des Enfants » qu’elle a créée en 2006. En parallèle, Manon endosse une casquette de formatrice pour Planète Enfance en accompagnant des stagiaires sur des parcours de certification Assistant Maternel/Gardes d’enfants entre 2014 et 2017. Manon a consacré près de 10 années à l’Association La Planète Des Enfants qui s’est développée jusqu’à regrouper aujourd’hui 3 structures collectives sur Paris. A l’été 2023, les trajectoires se rejoignent à nouveau et Manon intègre l’équipe de l’Antenne Ile de France au sein de Planète Enfance. Elle a pu observer et expérimenter toutes les missions du service avant de prendre les rênes de l’Antenne Ile de France en tant que Responsable d’Activité.

Elle supervise et suit le développement de l’antenne et travaille plus spécifiquement avec les partenaires institutionnels (RPE, associations, structures collectives…).

Sandrine BUREL : Chargée de planification

sburel@planete-enfance.com

Sandrine connait Planète Enfance depuis plus de 10 ans puisqu’elle y a été étudiante pour obtenir son CAP Petite enfance en 2012, elle a ensuite travaillé comme assistante petite enfance au sein de la crèche associative « La Planète Des Enfants » dans le 14ème à Paris – auprès d’Ophélie Ammon puis de Manon Pinsky – avant de se former à la gestion administrative et comptable et de rejoindre l’équipe de Planète Enfance fin août 2023 !

Son rôle est de gérer la logistique nécessaire à l’ouverture des formations : trouver le formateur adapté et l’espace de formation qui relève parfois d’un puzzle de 5000 pièces !

Mariam AMMAR : Chargée d’accueil

mammar@planete-enfance.com

Mariam a rejoint l’équipe en mars dernier comme chargée d’accueil. Mariam traite toutes les demandes d’inscription qu’elles soient par téléphone ou par email. Le monde de la petite enfance ne lui est pas inconnu puisqu’elle a suivi des études dans le Sanitaire et Social et qu’elle a exercé auprès de jeunes enfants. Dans ces expériences professionnelles elle a rencontré, de près ou de loin, différents acteurs du médico-social, elle a toujours été en contact étroit avec les personnes à accompagner et son sens du relationnel a toujours été reconnu comme une de ses qualités. Ces connaissances et son expertise lui permettent de vous accompagner au mieux dans vos projets de formation.

Jeannette BOUGARROUJA : Assistante polyvalente

jbougarrouja@planete-enfance.com

Jeannette fait partie de l’équipe depuis bientôt un an. Elle a été chargée d’accueil avant de prendre des missions d’assistante polyvalente de l’Antenne IDF. Elle peut traiter vos demandes d’inscription, faire le lien avec les partenaires, créer des supports de communication ou encore aider à la planification… Bref, elle est le solide soutien de Mariam, Sandrine et Manon. Son sens du devoir, son attention professionnelle, ses différentes expériences professionnelles en général, et particulièrement au sein de nos services, lui apportent une connaissance globale qui aide Planète Enfance à fonctionner tous les jours, même dans les moments difficiles.

Journée nationale des Assistant(es) maternel(les) 19 novembre 2023

Ce dimanche 19 novembre 2023, c’est la journée nationale des assistant(es) maternel(les). Cette journée est l’occasion de mettre en lumière ces professionnels, leurs droits et leur légitimité. Des professionnels qui occupent un rôle essentiel dans le développement affectif, physique et psychologique des enfants.

Comme dans tout métier, les assistant(es) maternel(les) ont des droits et notamment le droit à la formation. Planète Enfance propose une offre complète de thématiques permettant de développer, des compétences métier sur : 

  • L’éveil
  • La psychologie de l’enfant
  • La communication avec les parents
  • L’alimentation
  • La motricité 
  • La communication
  • Le handicap 
  • …..

Ces formations peuvent avoir lieu à distance (téléformation ou FOAD) ou en présentiel.

Comment se former :

Il est possible de se former dans le cadre du plan de développement des compétences.

Ce plan vise à offrir des formations continues pour améliorer les compétences et les connaissances des assistant(es) maternel(les). En participant à ce plan, les assistant(es) maternel(les) ont l’opportunité de se perfectionner dans leur métier.

Iperia est l’organisme dédié aux professionnels de la petite enfance, notamment aux assistant(es) maternel(les) !

C’est un métier reconnu qui nécessite des compétences spécifiques.

La passion du travail avec les enfants est essentielle.

Être assistant(e) maternel(le) va bien au-delà du jeu et de la simple garde. C’est un véritable métier qui demande des compétences pédagogiques, de la patience, de l’empathie et une compréhension approfondie du développement de l’enfant. Les assistant(e)s maternel(les) contribuent de manière significative à l’éducation et au bien être des enfants qu’ils accueillent, jouant un rôle essentiel dans leurs premières années de vie.

Charlotte dans le Morbihan, nouvelle agréée depuis août témoigne :

En tant que nouvelle assistante maternelle dans le Morbihan, je suis maintenant comblée !

Anciennement coiffeuse, j’aimais le contact client mais je souhaitais me réorienter et l’opportunité d’exercer ce métier est arrivé !

J’accompagne ces petits êtres dans leurs premières années de joie et de découvertes. Chaque jour est une occasion d’apprendre ensemble et de partager des moments précieux. Être assistante maternelle va bien au-delà de mes attentes, et je suis ravie de jouer ce grand rôle. Je ne regrette pas mon choix.

La possibilité de pouvoir se former est un vrai plus !

Les tempêtes émotionnelles du tout petit

« Il est un peu insupportable cet enfant, non ? Il pleure souvent comme ça ? Et ces crises de colère… Il est en pleine « tempête émotionnelle » je crois… Ou bien, c’est la crise des 2 ans ! »

Du ventre à l’accouchement, de la maternité, à la maison, de l’accueil préscolaire à l’école maternelle, l’enfant se développe… Et encore bien après, tout au long de sa vie, l’adulte continue son chemin. Avec ou sans interventions extérieures, les compétences innées vont d’elles-mêmes l’amener à découvrir les possibilités du corps, de l’esprit ; permettre la rencontre avec l’autre et le monde aussi. Jusqu’à fort longtemps d’ailleurs, et encore parfois, sans connaissance, sans apport, des enfants naissaient et grandissaient, et sociétés se faisaient pourtant… Alors, pourquoi chercher à comprendre le développement de l’enfant quand on est parent, professionnel de l’enfance ou de la petite enfance ? Et bien parce qu’aborder ce savoir est l’un des prémices essentiel pour questionner les méthodes éducatives dont nous disposons pour accompagner l’enfant dans sa rencontre avec lui-même et le monde qui l’entoure… Au cours de son périple, ce n’est peu dire qu’il affrontera des débordements difficiles à appréhender avec recul, (surtout par l’entourage !). Plus les adultes qui participent à l’éducation de l’enfant en seront conscients plus ils seront à même de les « prendre par la main, pour les accompagner vers demain » (comme le dit la chanson !)

De recroquevillé dans le ventre à gambadant au parc, le tout petit passe par différentes étapes nécessitant un développement de son contrôle musculaire et de sa coordination. C’est dès la naissance aussi que l’individu commence à comprendre son environnement, et ce, par le biais de ses 5 sens. C’est par eux encore qu’il pourra identifier les objets, les personnes et les situations, retenir et se souvenir, créer des liens pour comprendre le monde.


Connaitre les périodes et leurs moments clés permet de se fixer des repères (à ne pas entendre comme stricts surtout !) qui favorisent l’attention que l’adulte référent porte au tout petit : adapter les propositions d’activités pour le stimuler, fournir un environnement sécurisant, cibler son attention lors des phases d’observation, être présent selon les besoins, savoir se mettre en retrait aussi, se questionner et parfois s’alerter, savoir informer ou consulter… Toutes ces compétences nécessitent au préalable une connaissance sur ce fameux et essentiel savoir « le développement de l’enfant » !

Mais entendons-nous ! Le développement est un processus multiple qui concerne les aspects moteurs et cognitifs, effectivement … Mais aussi les capacités sociales et émotionnelles

Dès notre premier souffle, et même avant, la capacité d’expression des émotions est en place. Cependant, attention aux raccourcis ! Même si le bébé peut biologiquement émettre les signes des émotions… Cela ne signifie pas qu’il peut exprimer toute la palette que nous connaissons ! Avant 6 mois d’ailleurs, il varie plutôt entre positif et négatif, plaisir et déplaisir. C’est ensuite que le parcours se met en place : en devenant capable de reconnaître les émotions chez l’autre, il commence à les exprimer lui aussi, et vice-versa, en les exprimant, il les distingue chez les autres…. Et il en est une, de ces émotions, bien plus complexe que nous ne le présupposons… Cette fameuse colère !


Facile la tristesse : elle est liée au manque… Le bébé connaît cette sensation. Il peut s’approprier le ressenti de l’autre et user de ses pleurs pour l’exprimer. Facile aussi la joie… quand l’enfant a la chance de naître entouré d’une famille aimante et heureuse de l’accueillir… Mais quid de cette colère ? La colère est intimement liée à la conscience de soi… « Je me mets en colère parce que l’on touche à ce que je veux pour moi. Parce que je suis… » Mais…je ne suis pas l’autre… Difficile alors de la comprendre pour la distinguer et l’enregistrer comme telle… Difficile alors de l’intégrer, cette colère « de l’autre » … Impossible alors de l’utiliser pour l’exprimer. Et quand c’est difficile, nos tout petits n’ont pas pour habitude d’abandonner ! Ils réitèrent… jusqu’à la réussite ! Et la conscience de soi !

Les émotions sont donc au cœur de notre capacité à appréhender le monde. Elles sont indissociables de la rencontre. Rencontre avec l’autre, rencontre avec l’objet aussi. Rencontre avec soi, surtout. :
Sans émotion pas de rencontre. Sans rencontre, pas de sensation… sans sensation, pas de développement cognitif…
Et sans rencontre, pas d’émotion !
Alors si on le laissait être « un peu insupportable » au risque de se rendre compte qu’à nous aussi cela arrive !

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter le catalogue et à trouver les sessions au plus proche de chez vous ou à distance sur les émotions, le développement de l’enfant, les neurosciences, la bientraitance, l’observation ou encore l’éveil psychomoteur et sensoriel…

Les emballages, source d’éveil et réponse aux besoins du tout-petit

« Avec tous les jouets qu’ils ont reçu pour Noël, c’est avec les emballages qu’ils jouent ! »
Combien de parents, dépités, observent ce même constat après les fêtes ?
Et si nous changions notre angle de vue…

La fonction contenante qu’est-ce que c’est ?

Le bébé a passé 9 mois dans le ventre de sa mère. Il y était bien au chaud et en sécurité. A la naissance, le voilà propulsé dans un monde entouré de « vide », sans limites autours de son corps, sauf celles des bras de sa mère, et plus largement des bras des adultes qui le portent, le câlinent, et le rassurent.  Ce que D. Winnicott (pédiatre et psychanalyste britannique) nomme le « holding », c’est l’idée que cette contenance passe par la présence même de l’adulte, par ses bras enveloppants, le son de sa voix douce et rassurante.

Mais quand l’adulte n’est pas disponible dans l’immédiat ou quand bébé devient un peu plus autonome, la contenance passe aussi par l’utilisation de son environnement : s’assoir dans une bassine ou une panière à linge, vider la caisse de jeux pour s’installer dedans, se lover sous un plaid, assiéger le dessous de la table…et se réfugier dans les cartons d’emballage ! Voilà autant d’occasion qui nourrissent la sécurité intérieure de l’enfant et lui permettent de satisfaire son besoin de contenance.

La créativité et l’imaginaire dans tout ça ?

Jouer avec un emballage carton c’est aussi être créatif. La créativité est indispensable à l’autonomisation de l’enfant. Figurez-vous que les premiers mois, le bébé, qui ne connaît pas encore les limites de son corps, pense que sa mère en est le prolongement. A partir de 6 mois environ, commence une étape fondamentale à cette autonomisation : la séparation/individuation. Pour comprendre qu’il est une personne à part entière, bébé va devoir faire de multiples expériences tel un petit chercheur, et ainsi développer sa capacité à imaginer, à trouver une solution, vérifier le résultat d’une action. C’est ce que l’on appelle la créativité ! Par exemple, quand il teste la réaction de l’adulte après avoir jeté sa cuillère par terre une dizaine de fois (oui, le chercheur doit valider son hypothèse après de nombreux essais) il développe bien sa créativité. C’est bien lui, en tant que personne, qui agit, provoquant ainsi la réaction de l’adulte qui rouspète et ramasse la cuillère. Alors quand l’enfant délaisse le jouet au profit de son emballage : il déchire le carton, il dessine dessus, il se cache dedans, il en fait sa résidence secondaire, ou bien un parcours… il est créatif !

Le jouet peut emprisonner

L’enfant fait des apprentissages tout au long de son développement en jouant. Selon Pauline Kergomard (créatrice de l’école maternelle en France) : « Le jeu, c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, c’est sa vie ». Mais l’enfant ne joue pas seulement avec des jouets et lorsqu’il le fait, du moins les trois premières années, une brique devient une voiture, des cubes en bois sont cuits « al dente » dans la casserole de la dinette, et les standards de la mode préconisent le port du seau sur la tête et les bracelets en pâte à modeler.

Proposer un jouet à un enfant de moins de 3 ans devrait toujours se faire « naïvement ». Il est entendu par là sans attente particulière de l’adulte. Ou alors, faisons du but recherché l’occasion d’expérimenter, d’échanger, de ressentir, de tester, de détourner, d’imaginer. Ce qui compte dans l’activité ludique c’est bel et bien le processus, c’est-à-dire tout ce qu’il va mettre en œuvre dans son jeu. Tandis que l’adulte accorde souvent plus d’importance au résultat final : il félicite la belle tour de cubes, plus que la façon dont l’enfant maîtrise son geste pour empiler les cubes les uns au-dessus des autres, il félicitera le petit artiste pour son beau dessin, plus que pour le plaisir d’avoir plongé ses doigts dans la peinture.


Conceptrice de jeu américaine, Cas Holman explique dans un documentaire : « De nos jours, beaucoup de jouets sont nuls : ils sont en plastiques et les enfants n’en tirent rien. Ils sont faits pour le profit ou pour occuper les enfants (…) Alors que c’est l’enfant qui devrait être à l’origine de la conception du jouet. »
Les cartons d’emballage, les boîtes de conservation, les éléments de la nature… sont autant d’occasion pour l’enfant de susciter son imaginaire sans avoir à dépenser des fortunes.
Pour finir, les jouets éducatifs, qui ne proposent qu’une seule action et un seul résultat final ne valorisent pas non plus le processus. Encore une fois, ce qui est éducatif pour l’enfant, c’est le jeu libre. A ce propos, Jean Epstein, psychopédagogue, dit très justement que « L’enfant ne joue pas pour apprendre mais il apprend parce qu’il joue. ».

Pour aller plus loin…

Imaginez-vous accueillir les enfants dans un espace vide : pas de meubles, pas de jouets. Cela paraît inimaginable ! Et pourtant, cette « activité rien », a fait ses preuves. Il s’agit là de ne rien proposer à un groupe d’enfants et observer leurs interactions, leurs réactions, leurs jeux. Cécile Borel, éducatrice de jeunes enfants à l’initiative de cette expérimentation, raconte : « Les enfants ont d’abord eu une réaction de surprise. Ils ont commencé à crier et à courir partout. Ils avaient clairement besoin d’un moment de décharge. Puis, nous avons rapidement observé des actions et des comportements que l’on voyait moins quand la pièce était très chargée : les enfants communiquaient beaucoup plus entre eux, observaient avec plus d’attention les détails du lieu ».

Nous l’avons vu plus haut, l’enfant a besoin de contenance. Alors il est légitime de se demander si une telle expérience répond à ce besoin. Et bien oui ! Bien plus important encore qu’à d’autres moments de jeux, ici l’adulte se doit d’être contenant par sa présence, son regard bienveillant et soutenant. Il ne s’agit pas de « laisser les enfants s’occuper seuls ». Encadrer les ateliers « rien » demande aux adultes de se discipliner pour ne pas être tout de suite et tout le temps dans la suggestion d’activités, mais bien de laisser l’espace aux enfants d’être les créateurs des activités de ce moment. Or, l’absence d’action nous apparaît faussement comme une absence d’activité, surtout chez le professionnel. Une fois l’effet de surprise passé et ce temps verbalisé par l’adulte, les enfants vont interagir davantage entre eux, l’imitation prend une vraie place dans les échanges, en l’absence de jouets on observe moins de conflits et agressivité, l’espace et les expérimentations motrices sont plus investis et l’imaginaire est accru.

Une variante, qui peut rassurer le professionnel face à cette angoisse du « rien » et de la « page blanche », pourrait être aussi de proposer aux enfants un seul support de jeu : des balles, ou des feuilles posées au sol, ou alors pour en revenir au sujet de départ : les fameux cartons d’emballage ! Faisons confiance aux ressources créatives de nos petits chercheurs, nous serions surpris par leur potentiel !


Professionnels de la petite enfance, si vous aussi, à l’instar de nos chercheurs en herbe, vous souhaitez vous questionner, observer, expérimenter, et vous réajuster, voici les formations qui étayeront votre réflexion :